à jour au 22/10/2026 · runtime 482
Chapitre 4 — Le consensus Yuma : validateurs, poids, obligations
La question
Le chapitre 6 dit combien d'alpha va aux mineurs d'un sous-réseau, et combien aux validateurs. Il reste à dire qui, parmi eux, reçoit quoi. C'est le rôle du consensus Yuma, qui tourne à chaque « époque », toutes les quelques centaines de blocs. Le livre blanc en posait les fondations (chapitre 1). Le code de 2026 les a gardées dans l'esprit et changées dans la lettre.
Comment une époque décide (fait, code v482)
Qui note. Seuls les validateurs permis notent : les plus grosses mises du sous-réseau, jusqu'à un plafond (64 sur Ditto). Leur mise mêle de l'alpha et du TAO du root pondéré. Un validateur qui n'a pas mis ses poids à jour depuis trop longtemps ne compte plus.
Ce qu'ils notent. Chaque validateur pose une ligne de poids sur les mineurs. On retire ce qui ne doit pas compter :
- le poids qu'un validateur se donne à lui-même ;
- les poids vers un UID réinscrit depuis ;
- les poids engagés avant l'inscription d'un mineur, quand le sous-réseau cache ses poids le temps d'une époque (commit-reveal).
Le consensus. Pour chaque mineur, la chaîne prend la médiane des poids qu'il reçoit, pondérée par la mise des validateurs. Tout poids au-dessus de cette médiane est écrêté. Un validateur isolé, ou un groupe minoritaire en mise, ne peut donc pas surpayer un mineur : au-delà de ce que pense la majorité de la mise, son vote ne compte plus. La confiance d'un validateur mesure ce qui reste de ses poids après écrêtage.
L'incitation des mineurs est la somme de ces poids écrêtés, pondérée par la mise. Chaque mineur reçoit sa part du budget des mineurs à proportion.
Les obligations et les dividendes. Chaque validateur accumule, au fil des époques, des « obligations » sur les mineurs qu'il note. Ses dividendes sont la part de l'incitation des mineurs qu'il « détient » ainsi. Repérer tôt un bon mineur et le noter avant les autres rapporte : c'est l'idée du livre blanc, intacte. Une variante, Yuma 3, recalcule ces obligations autrement. Elle est activée sur 32 sous-réseaux sur 128 le 22/10/2026.
Ce qui a changé depuis le livre blanc
- La sigmoïde a laissé place à la médiane. Le livre blanc récompensait un pair selon une sigmoïde du soutien qu'il recevait, avec une température ρ = 10. Le code calcule une médiane pondérée et écrête : c'est plus simple, et plus dur à manipuler pour une minorité. Le paramètre ρ est toujours sur la chaîne, à 10, mais je ne l'ai trouvé utilisé nulle part dans le consensus. κ = 0,5, lui, fixe la médiane.
- Les deux moitiés sont devenues deux rôles. Le livre blanc versait à chaque pair moitié selon son rang, moitié selon ses obligations. Aujourd'hui, les mineurs reçoivent l'incitation et les validateurs reçoivent les dividendes des obligations.
- Le propriétaire a une place à part. Son UID a toujours un permis de validateur, n'est soumis à aucun seuil de mise, et a le droit de se donner du poids. C'est la voie par laquelle un propriétaire retient la part des mineurs, qui est alors brûlée (chapitre 6). C'est aussi celle des sous-réseaux où le propriétaire, seul validateur effectif, désigne lui-même le gagnant.
- Un second mode, « Null », élit un seul validateur, celui à la plus grosse mise. Ses poids font l'incitation, sans médiane ni écrêtage. Les dividendes vont à tous les validateurs à proportion de leur mise. C'est un consensus de confiance, pas de majorité. Vanta l'a annoncé pour accueillir des milliers de mineurs (déclaré, 19/10/2026).
Pour un investisseur
La promesse du livre blanc, une résistance à une collusion jusqu'à 50 % de la mise, vaut désormais sous-réseau par sous-réseau. Elle repose sur la répartition de la mise entre une soixantaine de validateurs au plus, parmi lesquels le propriétaire a des privilèges. Un sous-réseau dont la mise validatrice est concentrée, ou dominée par son propriétaire, n'a pas la protection que le livre blanc décrit. C'est un des risques que ce livre propose de mesurer (chapitre 11).